…et si nous devenions des “citoyens entreprenants” ?

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Lettre d’info n° 3 – 16 octobre 2003

Filed under: Lettres d'info — Auteur : — 16 Oct 2003 —

L’actualité vue des Ateliers

« Il faut une loi ! Il faut une loi ! »
Avec l’affaire Humbert, nous voilà à nouveau victimes de notre fièvre légiférante. Mais faut-il vraiment une loi ? Les partisans d’une loi sur l’euthanasie disent qu’elle éviterait qu’un tel drame se reproduise. Mais il me semble que le drame, réel, ne tient pas tant au fait que « tuer son fils par amour » soit ou non légal, mais qu’on ait à vivre une telle situation. Une loi n’éviterait ni la douleur, ni (on l’espère) les cas de conscience.
Michel Serres dit fort utilement dans le Figaro que le geste de Marie Humbert « pose la question du cheminement entre la loi universelle et la singularité privée ». La loi ne peut résoudre à notre place nos questions de conscience. La loi est pour tous, il ne peut y avoir de loi pour chacun. La loi sortirait de l’espace public et on en viendrait à la loi « privée » (ce qui est l’étymologie même du mot privilège).
Nous qui cherchons à être des citoyens entreprenants, parce que nous partons de la personne et de son envie d’implication, devons sans doute réfléchir à l’interaction entre ce qui relève du public et du privé, de la loi et de la responsabilité personnelle. Refonder la politique à partir des personnes ne doit pas à mon sens conduire à considérer que tout est politique.
Rappelons-nous qu’il y a quelques années on clamait « il faut une loi !» pour lutter contre les dérapages verbaux de Le Pen ou pour éviter les dérives des bizutages. Aujourd’hui ressurgit le souhait d’une loi « contre le port du voile » alors que nos principes de laïcité sont très clairs.
La loi ne peut pallier l’une après l’autre toutes nos lâchetés. Des lois universelles (on ose à peine utiliser ce mot, disons générales) existent déjà. Sachons les appliquer dans l’espace public et sachons faire preuve de discernement dans l’espace privé de nos consciences.
N’hésitez pas à réagir ! la pluralité des points de vue est hautement souhaitable ! A vos plumes, sans attendre que notre site soit accessible, les mails peuvent circuler…

La vie des ateliers

La rentrée se poursuit
Les ateliers se remettent en route progressivement. La semaine dernière, c’était le cas de «information et citoyenneté » nouveau nom de l’atelier que nous ne limitons pas au seul « 20 heures », simple porte d’entrée de nos réflexions. Cette semaine, nous lançons 2 ateliers qui n’avaient pas démarré l’an dernier : « ruralité et citoyenneté » ainsi que « personne, entreprise et société ».

Comment parler des Ateliers ? suite
Les membres du groupe d’orientation continuent à nous faire part de leur façon de percevoir et de dire les Ateliers. Extraits des deux dernières livraisons :

« Ces ateliers sont des lieux de questionnement, de prise de conscience, d’échanges, de débats, de rencontres, d’enrichissement, de réflexion, d’imagination, d’expérimentation et de liberté. Ils ont pour objectif non seulement de réfléchir autour d’une question et d’identifier des moyens d’action pour la résoudre mais aussi, et c’est aussi important, d’expérimenter de nouvelles façons d’être citoyens, de créer de l’expertise citoyenne, d’initier le changement.
C’est un lieu d’expérimentation hors des limites et contraintes professionnelles avec un côté déstabilisant et novateur et dont les fondements sont les valeurs de ses membres : être des partenaires actifs de la vie de la cité capables d’initier le changement dans le respect des hommes et de leur environnement.» Christine Lecerf

«Les techniciens sont confrontés à des problèmes compliqués dans des contextes simples alors que les « politiques », les citoyens doivent faire face à des questions simples dans des environnements complexes ». Or la démocratie, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui-peut-être à cause de la pression des médias- tend à nier cette complexité.
Eh bien face à ces contradictions, les « Ateliers » peuvent apporter quelque chose. En travaillant à plusieurs sur une même problématique citoyenne commune, avec des angles de vue différents, des expériences variées… chaque Atelier est en mesure de sommer des intelligences pour élaborer les solutions efficaces et lisibles (mais pas simples) qu’exigent des problèmes complexes.
Si l’on prend par exemple la question de la ruralité, traitée à Bruxelles il en résultera des mesures hyper-administrées auxquelles les agriculteurs se plieront car c’est une question de vie ou de mort ; traitée à Paris ça va donner naissance à une loi-fourre tout, catalogue de bonnes intentions mais probablement inintelligible et inefficace. Pourquoi ? parce que tout cela devra se vivre sur de petits territoires, dans une logique de voisinage et de solidarité. Or les personnes concernées n’auront pas été mises dans l’obligation d’identifier et de gérer cette complexité. Ce qui, pourtant, est essentiel à l’efficacité des mesures prises en haut lieu.
En bas comme en haut, il aurait fallu sommer les intelligences pour générer des comportements nouveaux, conformément à la méthode qui, pas à pas, s’élabore dans les Ateliers.» Guy Emerard

A vos agendas

RESERVEZ DES MAINTENANT VOTRE JOURNEE :
Plénière des Ateliers, le vendredi 21 novembre à Lyon

NB pour les membres du comité d’orientation : la date du 5 décembre initialement prévue ne convenait pas (la salle de l’Elysée n’était pas libre), vous pouvez donc libérer cette date dans vos agendas, mais pensez bien à réserver celle du 21 novembre.
Merci !

Rappel « Arrêt sur Ecrit »
lundi 13 octobre 2003 de 18h à 20h à Paris à Synergence, 2 rue de la Roquette (Bastille)
lundi 20 octobre de 18h à 20h à Lyon – L’ Elysée, 14 rue Basse Combalot (Guillotière)

 

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