…et si nous devenions des “citoyens entreprenants” ?

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Lettre d’info n°55 – juillet 2008

Filed under: info-réunion,Lettres d'info — Auteur : — 18 Août 2008 —

19 juillet 2008

Des informations sur les Ateliers avant la coupure estivale. Une réflexion d’Hervé Chaygneaud-Dupuy sur le 14-Juillet inspirée d’une tribune de Roger-Pol Droit du Monde. Une opinion de Guy Emerard sur la question alimentaire qui devrait susciter le débat.

L’été est là, profitons-en pour lire… et partager nos lectures !!

La refondation en bonne voie ?

Nous arrivons au bout de notre refondation. Qu’avons-nous fait ? En apparence pas grand chose : nous avons le même projet de développer une citoyenneté entreprenante ; nous avons conservé nos briques de bases (ateliers de discernement, rencontres Initiales, cafés médias,…). Et pourtant en 6 mois nous avons transformé en profondeur les Ateliers sans sacrifier notre créativité collective.

Nous avons ainsi continué à innover en proposant de nouveaux rendez-vous malgré notre faible disponibilité et nos moyens réduits à nos bonnes volontés : les cafés métiers sont une réussite réelle avec un partenariat fluide et constant entre les trois organisateurs et avec des perspectives de développement intéressantes ; les « samedis matins » n’ont pu être mis en œuvre qu’une seule fois mais ils ont clairement suscité l’enthousiasme des participants et nous allons renouveler l’expérience à la rentrée ; nous avons conçu et mettrons en place en septembre un cinédébat dans l’esprit des Ateliers, c’est-à-dire avec un débat de plain-pied entre spectateurs sur les « envies d’agir » que le film révèle, ranime ou éclaire d’un jour nouveau. Nous montons ce rendez-vous avec le Comoedia autour du thème de l’école avec, nous sommes ravis, la palme d’or de Cannes « Entre les murs ».

Je vous annonce ça dans le désordre et vous vous dîtes peut-être que les Ateliers ne changent pas, foisonnants certes mais toujours aussi difficile à cerner ! Eh bien, c’est ce qui commence à changer, sous l’impulsion d’un comité d’orientation qui s’est réuni tous les quinze jours avec une belle constance. Il faut aussi remercier Le Rameau (qui aide le monde associatif à s’ouvrir à l’entreprise) : leur regard empathique et aiguisé nous a fait beaucoup progressé.

Nous sommes dorénavant en capacité de dire l’activité des Ateliers en quelques phrases et un schéma. Nous n’avons pas réduit notre foisonnement nous l’avons ordonné et surtout nous avons redonné de la cohérence et de la continuité à nos diverses activités.

Nous distinguons désormais deux registres d’activité (développement personnel, envie d’agir) et pour chacun deux modes d’implication (les rencontres découvertes et l’engagement dans des travaux collectifs). Un schéma rend les choses évidentes et montre les parcours qui s’offrent ainsi aux participants. Patience, à la rentrée, on vous montre tout ça au cours d’un « samedi matin » exceptionnel, le 13 septembre de 10h à 12h30 !

Notez bien les 3 rendez-vous de la rentrée :

* un « samedi matin » pour présenter les activités des Ateliers pour 2008-2009, le 13 septembre de 10h à 12h30
* une première, le Cinédébat ; le thème en sera l’école et les citoyens avec la projection de la Palme d’Or de Cannes, Entre les murs ; ce sera le 25 septembre à 20 h ;
* la reprise des Cafés métiers au café du Rhône le mercredi 17 septembre à 18 h.

Le 14-Juillet, une Bastille est à prendre : NOUS !

Roger-Pol Droit publiait vendredi dernier dans Le Monde une tribune dont nous serons nombreux à partager l’intention. « On devrait se demander ensemble ce que signifie pour nous, à présent, « liberté, égalité, fraternité ». Il ne manque pas de lieux où on pourrait prendre la parole. Clubs, cafés, sites web ; sans oublier les mairies, les universités, préfectures ou casernes. On s’y querellerait évidemment : en souvenir de Rousseau sur la démocratie directe ou représentative ; en souvenir de Marx, sur l’égalité formelle ou l’égalité réelle ; en souvenir de Sorel et d’autres sur la violence ou la non-violence. […] La liste est à poursuivre, où se confronteraient idées d’hier et réalités présentes. […] Il serait temps que s’amorce une réelle réflexion commune diversifiée, populaire. Penser plus […], notre société devrait tout avoir à y gagner. Il s’agirait, somme toute, que le 14-Juillet devienne autre chose qu’une page du calendrier ».

Cela fait plusieurs années que je rêve de réinvestir le 14-Juillet. Nous avons une Bastille à prendre : notre propre apathie démocratique qui nous emprisonne dans l’indifférence au bien commun. La proposition de R.-P. Droit d’ouvrir des lieux de parole pour une « réflexion commune et diversifiée » ne peut pas nous laisser indifférents, nous qui avons fait du discernement le cœur des Ateliers de la Citoyenneté.

Pourtant, même si la réflexion doit à l’évidence faire partie de cette réinvention du 14-Juillet, la proposition devrait être complétée sur deux registres également importants : la fête et la symbolique. La réflexion, nous le savons bien, peut être joyeuse et même ludique. Pour que cette réflexion soit réellement largement partagée, elle doit pouvoir se déployer bien au-delà des clubs, des sites web des mairies. Elle doit envahir l’espace public, sous les formes les plus créatives. Comme pour la fête de la musique, la moindre place doit pouvoir être investie par les débateurs et les apostropheurs de tout acabit. A Lyon, s’organisent chaque année en juillet au cœur même du parc public le plus fréquenté de la ville – le parc de la Tête d’Or – des Dialogues en Humanité qui réunissent des penseurs du monde entier, des habitants ayant des engagements divers… et les promeneurs estivaux. Les rencontres sont savoureuses, l’ambiance est extra-ordinaire. On doit pouvoir démultiplier ce type de rencontres, des plus sophistiquées aux plus simples : ateliers d’argumentation, joutes oratoires, cafés philo, jeux de pistes citoyens, tout doit être possible ce jour-là pour simplement, à un moment donné de la journée, sentir intensément que ces notions démocratiques apparemment abstraites nous concernent intimement.

On en vient naturellement à la dimension symbolique de la journée. Le symbole, par son étymologie même, est ce qui nous sort de nous-mêmes et nous « projette ensemble ». On sait que la politique, désymbolisée, banalisée, n’est plus qu’une affaire de gestion publique ennuyeuse qu’on délègue sans états d’âme à des politiques. Nos seuls rites collectifs, nos moments de communion nationale passent aujourd’hui par la télévision (des matchs de foot à la libération d’Ingrid Bétancourt). La télévision est trop exclue du champ de réflexion de ceux qui veulent refonder la République. Je crois qu’une symbolique républicaine et démocratique ne pourra pas faire l’économie d’une implication de ce média. Le téléthon a réussi à relier des animations locales et une présence forte à la télévision. Le modèle est sans doute transposable pour une grande fête des citoyens entreprenants.

Le président de la République veut des ambitions nouvelles pour la télévision publique… en voici une !

Hervé Chaygneaud-Dupuy

La faim du monde …

Un mauvais jeu de mot pour dénoncer ceux qui se saisissent de cette vaste et grave question pour faire de l’événement. L’événement, c’est la flambée des cours des céréales. A cause de la faiblesse des stocks : 2 mois seulement (alors que Joseph recommandait 7 années à Pharaon!) Deux mois qui, en fait, ne prennent en compte que la part commercialisée. C’est-à-dire, pour le riz, par exemple, quelques pour cent seulement de la récolte totale, laquelle est presque totalement auto-consommée. Il n’empêche, il y a de quoi être inquiet. Sauf qu’on aurait dû l’être depuis longtemps et qu’on devrait le rester longtemps encore. Car même si sa croissance ralentit, l’espèce humaine surabonde. Nous devrions être 9 milliards en 2050 contre 6 actuellement. Quand j’étais jeune, on tablait sur 15 milliards en 2020. Le pire a donc été évité mais le problème vient surtout des grands changements dans les habitudes de consommation.

S’il ne s’agissait que de produire plus, il y aurait des contre-parties néfastes mais on saurait faire. On pourrait étendre les terres cultivées puisqu’elles ne représentent que le 1/6° de la part émergée mais au prix de populations déplacées et d’atteinte à bio-diversité. On pourrait aussi augmenter les rendements mais avec plus d’engrais, de pesticides… et, probablement, d’ OGM… Ces gains quantitatifs ne sont pas sans limites mais ils sont possibles. Seulement voilà, la crise actuelle vient surtout du changement des habitudes alimentaires. Dans les pays qui s’enrichissent, les gens passent très vite d’une alimentation essentiellement céréalière à des produits carnés. Or, comme on sait, pour faire1 kg de viande, il faut de 5 à 10 kg de végétal ! Si la question est de satisfaire les besoins alimentaires de tous non seulement quantitativement mais aussi qualitativement, l’équation se complique.

Il faut alors penser, comme pour l’énergie, à un modèle universellement « soutenable. Les changements doivent venir, aussi, des mieux lotis. Nous, français, qui faisons référence en matière d’alimentation, devrions donc être les premiers à repenser nos habitudes alimentaires. Nous pourrions notamment devenir plus végétariens. Viser pour la viande et le poisson, comme pour le vin, le moins quantitatif et le mieux qualitatif.. Le porc et de volaille à bon marché, issus d’élevages industriels ne sont bons ni au goût ni à la santé. En revanche, nous pourrions privilégier (avec modération) le bœuf ou le mouton. Ce serait, en plus, une agréable façon de collaborer à la défense de nos paysages car l’élevage de ces paisibles ruminants est la meilleure façon de les entretenir. Ces terres peu propices à la culture intensive devraient même leur être réservées.

A partir des habitudes alimentaires, on rejoint donc bien vite les questions de politique agricole. Complexes, elles ne peuvent être réglées ni par la « main » (invisible) du marché ni par celle (illisible) de nos gouvernants. Qui d’ailleurs contredisent leurs principes : J. Chirac et N. Sarkozy défendent mordicus, avec la FNSEA, une PAC très dirigiste alors que l’OMC (dont le Directeur, P. Lamy, est ancien collaborateur de J. Delors), la FAO avec les pays émergents (Brésil en tête) et ceux du Tiers-monde, demandent plus de libéralisme !?

Chacun de nous alors, se saisisse de la question alimentaire : dans son assiette quotidienne comme dans le débat public. Avec deux axes cardinaux : consommer mieux (en intégrant santé, gastronomie, sécurité alimentaire, bien-être animal…) et peser davantage sur les politiques agricoles (en intégrant productivité, environnement, mondialisation, diversité biologique, ressources énergétiques…) Nous ne nous en porterons que mieux…

Guy Emerard

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