LE BLOG

... et si nous débattions en “citoyens entreprenants” ?

Un texte trouvé contenant :

Et si en 2009 les cartes de voeux disaient vrai ?!

Filed under: et encore,Le blog — Auteur : — 7 Jan 2009 —

Gardez bien vos cartes de voeux cette année ! elles serviront très certainement de corpus aux chercheurs de 2050. je vois déjà le titre de la thèse dont elles feront l'objet : « les cartes de voeux de 2009, analyse sémiotique d'une rupture du cadre discursif de l'échange conventionnel des souhaits de bonne année à l'aube de la Grande transition». Je ne plaisante qu'à moitié. Relisez-les, revoyez les illustrations choisies. On est très loin du traditionnel « bonané ». Une chrysalide et un papillon sur l'une, un forgeron donnant le dernier coup de marteau sur le 9 qu'attend un millésime non fini 200. sur l'autre. Et puis des citations d'Ivan Illich : «Quel privilège de vivre dans un temps où notre espoir a perdu son calendrier mondain et les échafaudages horlogers! Nous sommes dans un temps d'espoir sans échafaudage” ou de Jacques Rancière : « …mettre en valeur, partout, ce qui s'invente comme formes de vie, comme création, comme discours ».
Belle coïncidence aussi du neuf et du 9 !
A la Une du Monde le dernier éditorial du directeur du journal était titré « Réinventer ». C'est bien effectivement le programme de l'année… à une variante près. Le ré- est superflu. Il n'y a pas de retour en arrière possible. Il faut inventer. Simplement, si j'ose dire. Mais peut-être que la clé est là, dans ce simplement, justement. Dans le film de Milos Forman, Salieri disait à propos de la musique de Mozart : « Trop de notes, trop de notes ! » Si cette apostrophe était sans doute mal venue face au compositeur, ne devrait-elle pas nous inspirer dans la tâche qui est la nôtre ? Nous avons sophistiqué à l'infini nos organisations et nous ne les maîtrisons plus. Comme le suggérait récemment Pierre Assouline, ne devrions-nous pas nous inspirer de la décision du concile de Latran qui interdit en 1139 l'usage des arquebuses et des balistes au motif que ces armes ne permettaient pas à ceux qui les utilisaient de mesurer les conséquences de leur tir.
Inventer avec le souci de faire simple et de maîtriser la portée de nos inventions : voilà sans doute une ligne de conduite qu'il serait sage d'adopter. On n'en prend pas le chemin, malheureusement. Deux exemples parmi tant d'autres : le traité européen « simplifié » qui était tout sauf simple et ne donne toujours pas de perspective forte à l'Europe ; tout récemment l'accord des partenaires sociaux pour la réforme de la formation professionnelle qui devait lui aussi simplifier le maquis et l'a rendu encore plus inextricable.
Faire simple n'est pas simplifier de même qu'inventer n'est pas réinventer. Quand se rendra-t-on compte qu'on a aujourd'hui autant besoin des questions des profanes que des réponses des experts ? Mon voeu est que 2009 nous donne davantage l'occasion d'entendre des profanes en dialogue entre eux et, lorsque nécessaire, avec des experts.
Le 24 janvier vous êtes tous invités, en tant que profanes, à réfléchir à ce que nous pouvons faire pour inventer des formes de richesse adaptées aux temps qui viennent.
Je sens que ceux qui feront l'effort de venir ne seront pas déçus. (voir ci-après les notes envoyées par Bruno Vincenti)

Hervé Chaygneaud-Dupuy

 

© Droits de reproduction réservés - Les ateliers de la citoyenneté - Lyon 7e - Date d´édition: 2020-07-16 05:51:00 - © Droits de reproduction réservés - Les ateliers de la citoyenneté (http://www.ateliersdelacitoyennete.net/)
- Page Contact - info@ateliersdelacitoyennete.net - 2006-2009
- 0,27 secondes - W3C nxn-6m | 4.9.15 |